Légende du cannabis : Jack Herer et la légalisation aux USA

Pour les néophytes, Jack Herer n’est que le nom d’une variété de cannabis parmi tant d’autres. Certes culte, mais au final au nom aussi mystérieux que les autres dans la longue liste disponible sur le marché. Pour les passionnés et les acteurs du secteur cannabique, Jack Herer est avant tout un héros, un homme dont le nom doit être prononcé avec le plus grand respect. Défenseur du cannabis, acteur majeur de la légalisation aux États-Unis, activiste avant l’heure. Nous retraçons aujourd’hui son histoire.

Jack Herer (1939 – 2010)

Jack Herer : un homme dont l’histoire a marqué celle du cannabis et des États-Unis
Jack Herer : un homme dont l’histoire a marqué celle du cannabis et des États-Unis

Jack Herer nait à New York le 18 juin 1939. L’année où, outre-Atlantique, la seconde Guerre Mondiale éclate. Un an jour pour jour avant que De Gaulle ne prononce son célèbre appel de Londres. Quand même le hasard se joue de vous, il n’est pas si étonnant que vous soyez appelé à un grand destin.

Pour Jack Herer, ce destin se pare de vert, et pavera tout au long de sa vie la route à la légalisation du cannabis et l’autorisation de la culture du chanvre aux États-Unis. Ce sera le cas jusqu’à sa mort, le 15 avril 2010, dans l’Oregon.

Pourtant, le petit Jack Herer n’était pas forcément voué à une vie d’activisme.

Avant 1967, des débuts conservateurs

Pendant quasi trois décennies, Jack Herer est un américain moyen. Issu d’une famille très religieuse de la classe moyenne, il correspond parfaitement à cette jeunesse patriote de la frange républicaine du pays. Pas vraiment un hippie donc. Jeune adulte, il s’engage dans l’armée et part servir en Corée du Sud, fraîchement séparée de son homologue du Nord suite à la guerre de Corée. Il y fait partie de la police militaire.

À son retour aux États-Unis, son patriotisme est encore plus fort et il soutient l’intervention américaine au Vietnam, de loin cette fois-ci. Jack Herer se crée alors une petite vie paisible. Au programme : maison, femme et trois enfants.

L’American dream ne dure pourtant pas et il divorce quelques années plus tard de sa première femme (il en aura quatre).

1967, découverte du cannabis et révélation

À la fin des années 1960, sa nouvelle petite amie lui demande s’il a déjà fumé de la marijuana. Lui qui la voit alors comme le diable, se contente de répondre qu’il n’a, bien sûr, jamais essayé. Elle le convainc alors de la rejoindre dans une séance initiatique qui, dit-il, l’a changé à jamais. Pour Jack, c’est une révélation. Les sensations qu’il ressent sont incomparables, et certainement pas aussi diaboliques que l’Amérique puritaine le clame à qui veut l’entendre.

Il commence à renseigner sur le sujet, découvre que la culture du chanvre n’est pas qu’une histoire de défonce et qu’il peut au contraire avoir de nombreuses utilisations : création de papier, de tissu, de cordages et, pourquoi pas, de traitements médicinaux qui exploiteraient les propriétés incroyables de la plante. Au-delà de la fumette affectionnée des hippies, il commence également à élargir sa pensée à des thématiques plus profondes, comme le respect de l’environnement et la paix. Sensibilisé aux revendications des anti-guerre du Vietnam, un nouveau Jack Herer est né.

Il commence alors à militer.

1973, Grass et naissance d’un personnage public

En 1973, Jack Herer assouvit un désir de longue date : l’écriture. Il publie alors, avec un ami (Al Emmanuel) une petite bande dessinée expliquant comment se procurer de la marijuana de qualité. Son titre ? G.R.A.S.S (herbe) pour Great revolutionary American Standard System, comprenez le grand modèle américain révolutionnaire. Lui qui avait un peu plus jeune en horreur la culture underground en devient rapidement un des héros, avec près de 35’000 exemplaires vendus.

Du jour au lendemain, Jack Herer devient un spécialiste du cannabis aux yeux de tous. Pourtant, il ne connait encore pas grand-chose à la plante et admet lui-même qu’à l’époque il ne l’aurait pas reconnue dans une plantation. Qu’à cela ne tienne, une rencontre va l’aider à devenir le spécialiste que tout le monde croit qu’il est déjà : celle avec Ed Adair, propriétaire de la boutique Captain Ed.

Devenus inséparables, les deux hommes s’associent dans la défense du cannabis, en rassemblant informations sur la plante et signatures de pétitions auprès des américains afin de faire pression sur les pouvoirs publics.

1983, l’Empereur est nu

En 1983, la Cour Suprême américaine refuse de s’occuper de l’affaire Jack Herer
En 1983, la Cour Suprême américaine refuse de s’occuper de l’affaire Jack Herer

Au début des années 1980, Jack et un petit groupe d’activistes récoltent des signatures, comme à leur habitude à cette époque. Sauf que cette fois, Reagan vient d’arriver au pouvoir et compte bien montrer aux activistes qu’il ne plaisante pas avec la question des stupéfiants. Sous couvert d’une vieille loi oubliée, Jack Herer finit en prison pour avoir fait signer sa pétition sur une propriété fédérale. Nous sommes alors en 1983.

Isolé, avec plus de temps à disposition que de liberté, Jack se remet à l’écriture et donne naissance à ce qui reste pour beaucoup la Bible du cannabis : l’Empereur est nu (The Emperor wears no clothes). Cet ouvrage a largement contribué à faire de lui le père de la lutte contre la pénalisation du chanvre telle qu’on la connait aujourd’hui. Il lui a également permis, en plus de ses qualités d’activiste pro-légalisation du cannabis, de rester sur le devant de la scène jusqu’à sa mort en 2010.

Jack Herer était-il un héros ?

Têtes de cannabis sativa Jack Herer
Têtes de cannabis sativa Jack Herer

Orateur de génie, démagogue, fou… les qualificatifs se suivent et ne se ressemblent pas en ce qui concerne Jack Herer. Sans grande surprise, la plupart des critiques à son encontre provient de la frange conservatrice des États-Unis. Celle qui a encore la nostalgie des années de prohibition. Pourtant, même du côté des experts du chanvre, certains voient des limites à ses déclarations publiques. Notamment en ce qui concerne les propriétés bénéfiques du chanvre, qu’il a tendance à exagérer.

Tous reconnaissent par contre, de bon cœur ou non, que Jack Herer est l’un des activistes les plus influents de la lutte pour la légalisation du cannabis aux USA, et au-delà de leurs frontières. Ce n’est pas pour rien que la variété de cannabis sativa Jack Herer lui faisant hommage a été hybridée aux Pays-Bas et continue de faire le bonheur des amateurs européens plus de 10 ans après sa mort.

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