Peut-on prendre du CBD pendant l’allaitement ?

Prendre du cannabidiol (CBD) pendant la grossesse est déconseillé, plus par principe de précaution que par preuve d’un danger réel avéré. N’empêche que l’on ne joue ni avec la santé d’une future ou jeune maman, ni avec celle du bébé.

Une question subsiste néanmoins : une fois le bébé né, ce principe de précaution demeure-t-il ou, au contraire, prendre du CBD pendant l’allaitement pourrait-il avoir des avantages ? Si oui, lesquels et quelles précautions prendre pour assurer la bonne santé de toute la famille ? C’est notre sujet du jour.

Prendre du CBD pendant l’allaitement : pour quoi faire ?

prendre du cbd pendant l'allaitement min

Il existe de nombreuses raisons de souhaiter prendre du CBD pendant l’allaitement

Ce n’est un mystère pour personne, l’arrivée d’un enfant a beau être un moment inoubliable dans la vie de jeunes parents, elle n’entraîne pas moins différents chamboulements. Parmi les principaux, nous pouvons évidemment citer les nuits courtes, ponctuées par les réveils à répétition, les douleurs liées à l’accouchement ou encore la tristement célèbre dépression post partum qui touche 10 à 15% des mères.

Le CBD, une molécule extraite du chanvre, apparait alors comme le sauveur idéal, notamment parce qu’il :

Sauf contre-indication médicale, le CBD est de plus inoffensif pour les adultes, mais qu’en est-il des nourrissons ?

Effets du CBD sur le lait maternel : ce que l’on sait

effets cannabis bébé min

Prendre du cannabis pendant l’allaitement peut affecter le bébé, mais pas forcément à cause du CBD

Jouons carte sur table, on ne sait pas encore grand-chose de la réelle influence de la prise de CBD par une maman sur son lait maternel. Nous vous parlions récemment des avantages et des limites du CBD pendant la grossesse et évoquions déjà le manque de littérature scientifique au sujet de l’allaitement.

En fait, de nombreuses études ont été menées sur la consommation de cannabis par la femme enceinte puis allaitante. Le problème est que la plupart d’entre elles s’intéressent davantage au THC. C’est d’ailleurs bien normal puisque ce cannabinoïde cousin du CBD présente de nombreux inconvénients : effets planants, risque d’addiction et, davantage lié au sujet qui nous intéresse ici, passage dans le lait maternel.

Ainsi, une étude de 2018 a montré que le THC consommé par des femmes allaitantes se retrouve dans le lait maternel dans 63% des cas. Il n’est d’ailleurs pas question d’envisager consommer du cannabis quelques heures avant ou après devoir nourrir son bébé puisque, selon cette même étude, des traces de THC étaient toujours présentes dans le lait jusqu’à 6 jours après la consommation.

En cas de consommation régulière (quotidienne ou quasi-quotidienne) par un nourrisson, même à travers le lait maternel, plusieurs inquiétudes existent :

  • Possibles effets sur les neurotransmetteurs, le développement du système nerveux et les fonctions liées au système endocannabinoïde (SEC).
  • Retardement du développement moteur du bébé (mais ni sa croissance, ni son développement intellectuel).

Consommé de façon occasionnelle, le cannabis ne semble néanmoins pas avoir d’effets notoires sur les nourrissons, ni d’ailleurs sur la durée de lactation ou la qualité du lait de la mère.

Voilà pour le cannabis en général. Mais qu’en est-il du CBD isolé ?

Le CBD est-il détectable dans le lait maternel ?

Toujours selon la même étude, 9% des échantillons de lait seulement ont montré des traces de CBD (contre 63% dans le THC), ce qui laisse penser que le cannabidiol passe moins facilement dans le lait maternel et/ou y reste moins longtemps. Le mode de prise ne semble par ailleurs pas avoir d’influence et aussi bien le fait de fumer (interdit, même pour le cannabis légal riche en CBD), de vapoter ou de consommer du CBD alimentaire sont concernés.

Le fait que les cannabinoïdes soient présents longtemps dans le lait maternel pourrait par ailleurs s’expliquer par le haut pourcentage de graisse corporelle chez les femmes (de l’ordre de 25 à 30%), ce qui facilite le stockage des cannabinoïdes et au contraire ralentit leur élimination. Par ailleurs, plus la consommation est fréquente et plus la période de stockage s’allonge.

Peut-on consommer du CBD sans risque pendant l’allaitement ?

cbd et allaitement

Le CBD ne semble pas dangereux pendant l’allaitement, contrairement à d’autres cannabinoïdes

Il n’y a à ce jour aucune raison de penser que le CBD est dangereux pour la maman ou pour l’enfant pendant l’allaitement. Malheureusement, il n’existe pas non plus de preuve irréfutable de l’absence de risque à long terme, notamment concernant le développement de l’enfant. Il faut ajouter à cela que, finalement, très peu de substances sont considérées comme sures lorsqu’elles sont consommées régulièrement et/ou en grande quantité durant l’allaitement. À la vue de ces différents faits, appliquer le principe de précaution et donc ne pas consommer de CBD jusqu’au sevrage du bébé reste sans doute l’attitude la plus responsable.

En cas de volonté de profiter des bienfaits du CBD avant ou après l’accouchement, notamment pour mieux dormir, se détendre ou se libérer de certaines douleurs, il reste néanmoins possible et tout à fait recommandé d’engager la discussion avec un professionnel de santé. Lui ou elle pourra alors se prononcer en faveur ou en défaveur de la prise de CBD en pleine connaissance de l’état de santé de la maman et de l’enfant.

Dérivés au CBD à éviter en tant que jeune maman

Nous l’avons évoqué, le CBD ne semble pas dangereux mais, en l’absence de preuve, mieux vaut l’éviter durant l’allaitement lorsque cela est possible. Ce qui est par contre sûr est que l’exposition du fœtus, du nouveau-né ou de l’enfant au THC peut être dangereuse. Dès lors, tous les produits à base de cannabis brut sont à proscrire durant la grossesse, même s’ils sont légaux.

C’est notamment le cas des fleurs CBD, du pollen et de la résine, qui peuvent contenir jusqu’à 0,3% de THC. Seuls les produits garantis sans THC, généralement ceux contenant un isolat de CBD, sont alors à considérer. C’est principalement le cas de l’huile de CBD, des cosmétiques et d’autres dérivés comme les cristaux de CBD pur ou certains produits alimentaires.

Partagez: